Dans son dernier livre, l’historien Alain de Dieuleveult lève le voile sur son violon d’Ingres : sa collection de manuels de savoir-vivre.
L’œil est vif, la silhouette longue et fine, l’humour toujours en embuscade. À 92 ans, Alain de Dieuleveult affiche une forme remarquable. Le résultat d’une activité sportive régulière : le tennis, jusqu’à 91 ans, la marche aujourd’hui.
Cet historien est une véritable figure fléchoise. Cofondateur du groupe « Connaissance du pays fléchois » avec Jacques Termeau, il a posé ses valises à La Flèche en 1977.
« Jeune homme je me destinais à une carrière militaire. »
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un diagnostic médical l’écarte cependant de cette voie. Il embrasse alors des études d’histoire, puis rejoint Brest pour son premier poste d’enseignant. Suivront Angers, Saint-Malo, Rome et Madrid, avant La Flèche, non loin des attaches familiales.
Bonnes manières
Auteur d’une trentaine de livres sur les sujets les plus divers, Alain de Dieuleveult s’est passionné pour l’histoire et le patrimoine locaux. Le sujet de son dernier livre est plus inattendu : l’historien y présente sa collection de manuels de savoir-vivre, commencée dans les années 50.
« J’en possède 270, du 17e au 19e siècle. C’est un véritable genre littéraire, qui a longtemps prospéré. »
Émaillé de nombreuses références et illustrations, « Le savoir-vivre en ses manuels, souvenirs et réflexions d’un collectionneur », évoque avec humour les conseils dispensés par des représentants de la « bonne société. »
Et c’est avec jubilation qu’Alain de Dieuleveult cite l’écrivain Jean d’Ormesson :
« Les bonnes manières ne consistent pas à faire ceci ou cela, ni à faire ce que font les autres. Elles consistent expressément à faire n’importe quoi, à condition bien entendu de le faire d’une certaine manière. »
Une maxime qu’il pourrait faire sienne.