Finances municipales : ce qu’il faut retenir de l’audit

Vendredi 2 octobre 2026, la Ville de La Flèche a présenté en réunion publique, à la salle Printania, un audit financier indépendant réalisé par François Aubert, professeur des universités et consultant en finances locales. Ce travail, qui couvre la période 2019-2025, vise à établir un diagnostic objectif de la situation budgétaire de la commune, afin d’éclairer les prochaines décisions, notamment l’élaboration du budget 2027.

Pourquoi cet audit ?

La Ville a été placée dans le réseau d’alerte des communes en difficulté financière par les services de l’État, sur la base des comptes clos 2025. Ce classement s’appuie sur des indicateurs précis : capacité d’autofinancement, niveau d’endettement, part des charges obligatoires.

L’audit a été commandé pour comprendre l’origine de cette situation et identifier les marges de manœuvre disponibles.

Le diagnostic en quelques chiffres

L’analyse du budget principal, comparé à des communes similaires des Pays de la Loire (15 000 à 18 000 habitants), met en évidence plusieurs constats :

  • Des dépenses qui progressent plus vite que les recettes : sur 2019-2025, les recettes de fonctionnement ont augmenté de 15 %, mais les dépenses de 15,6 %.
  • Une capacité d’autofinancement faible : il s’agit de ce qui reste à la Ville, une fois les dépenses courantes et les remboursements d’emprunts payés – l’équivalent de l’« épargne » d’un ménage. Elle est structurellement inférieure au seuil recommandé et a même été négative en 2023.
  • Un endettement supérieur à la moyenne : la dette par habitant atteint 1 062 €, contre 795 € en moyenne dans les communes comparables. La durée de désendettement s’approche du seuil d’alerte de 12 ans.
  • Des recours répétés à l’emprunt : des emprunts importants ont été souscrits en 2020 (4,6 M€) et en 2025 (3,1 M€).
  • Des taux d’imposition élevés : le taux de taxe foncière sur le foncier bâti (50,09 %) dépasse d’environ 9 points la moyenne des communes comparables, ce qui limite les marges côté fiscalité.

Quelles pistes pour l’avenir ?

Le consultant formule plusieurs orientations :

  • Limiter le recours à l’emprunt, en veillant à rembourser davantage que ce qui est nouvellement emprunté ;
  • Maîtriser les dépenses de fonctionnement, notamment sur les postes qui ont fortement augmenté depuis 2019 ;
  • Ne pas augmenter la pression fiscale, déjà supérieure à la moyenne ;
  • Restaurer progressivement la capacité d’autofinancement, condition nécessaire pour investir à nouveau sans emprunter.

La Ville a rappelé que le budget primitif 2026 a justement été construit de manière prudente, sans recours à l’emprunt, tout en prévoyant des investissements structurants, pour la sécurité des biens et des personnes notamment.

Votre navigateur est dépassé !

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site internet correctement. Mettre à jour mon navigateur

×