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Ville d'eau et d'histoire
Sur les berges du Loir, La Flèche invite à la promenade. Découvrez au fil de ses rues, son coeur de ville construit sur un gué à proximité de deux îles.
Concentrée à l’origine, la cité a débordé le cours du Loir vers le Sud à l’occasion du passage de la voie ferrée. Elle s’est développée en tâche d’huile parallèlement au cours d’eau. C’est de là, du rivage du port Luneau, que s’embarqueront 278 hommes, 45 femmes et enfants et 3 religieuses hospitalières entre 1640 et 1659 pour rejoindre Nantes et La Rochelle.
Après deux mois de navigation, les premiers colons se rejoignent sur le Saint Laurent au Québec. Le 18 mai 1642, ils fondent "Ville-Marie" devenue depuis la métropole de Montréal. A l’initiative de ces départs, un homme, Fléchois, receveur des tailles : Jérôme Le Royer de la Dauversière. Un monument dressé sur les berges du port désaffecté commémore cet épisode et rend hommage à ces courageux migrants.
Autrefois encerclée par des douves, la cité garde aujourd’hui encore les traces de leur présence. Baignée dans la douceur du climat de l’Anjou, elle est le deuxième pôle touristique de la vallée du Loir.
Sur les rives ombragées du Loir, entre Le Mans et Angers, La Flèche étend ses rues de charme et ses champs verdoyants sur 7500 hectares. Facile d’accès, cette pittoresque cité est desservie par l’autoroute A 11 dont l’échangeur se situe à 10 km et par la R.D. 323 (Paris-Nantes). Elle est aussi à proximité de l’aéroport d’Angers-Marcé (30 km).
Situé à proximité immédiate, le centre-ville offre ses chaussées anciennes, ses maisons en enfilade, ses commerces et ses équipements publics. De facture du 19e siècle, la cité cache en son coeur quelques édifices du Moyen-Âge. L’actuelle mairie, sur les bords du Loir, réaménagée autour de l’ancien château des Carmes en 1994, s’organise autour d’un cloître d’eau superbe. Ce déambulatoire tisse un lien entre les différentes bâtisses de l’hôtel de ville et marque sa véritable entrée. Son antichambre extérieure, abritée d’une structure métallique légère et d’une toiture transparente laisse entrevoir le magnifique parc des Carmes.
Deuxième pôle touristique du pays du Loir après Vendôme, La Flèche compte un riche patrimoine : le Prytanée National Militaire du 17e siècle, ancien collège royal, la chapelle Notre-Dame-des-Vertus du 12e siècle, le prieuré Saint André, le moulin de la Bruère du 14e siècle pour sa partie la plus ancienne, le musée de la Providence et sa chapelle, le château des Carmes, le pavillon Fouquet de La Varenne, des hôtels particuliers du 17e et du 18e siècles... Le parc zoologique du Tertre rouge s’étend quant à lui sur 14 hectares au coeur des bois dans les coteaux à la lisière de la ville. Premier équipement touristique du département, il accueille 300 000 visiteurs par an.
La ville de La Flèche a développé une politique d’aménagement urbain depuis 1995 qui vise à embellir le confort des habitants, des touristes et à valoriser son image. Elle répond à une logique touristique cohérente.
L’effort déployé par les employés municipaux des espaces verts est récompensé par l’obtention des fleurs du jury régional, et ceci chaque année depuis 1995 :
En 1995 : La Flèche obtient une fleur.
En 1996 : La Flèche obtient deux fleurs.
En 1997 : La Flèche obtient trois fleurs.
Depuis, le jury régional a proposé La Flèche pour une quatrième fleur au jury national.
Riche de son patrimoine et de ses "3 fleurs" attribuées par le jury régional des villes fleuries, la ville fait aujourd’hui partie du Pays d'Art et d'Histoire de la vallée du Loir.

L'origine du nom La Flèche
Ce serait l’Eglise Saint Thomas qui aurait donné son nom à la ville : La Flèche. Mais une autre hypothèse est avancée quant à l’origine de ce nom.
Elle consiste à dire que le nom de La Flèche proviendrait des déformations successives du mot latin "fixa" signifiant fiche ou pieu, pieu enfoncé dans le Loir, du fait des constructions sur pilotis, qui aurait donné fièche, puis flèche.
Le blason de la ville (photo ci-contre)
"De gueules à la flèche d’argent posée en pal la pointe haute, accostée de deux tours du même maçonnées de sable ; au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lis d’or"

Histoire de La Flèche
De La Flèche avant l’an 1000, nous avons simplement la trace d’une présence romaine sous la forme de villa, grande exploitation agricole de l’époque, située un peu à l’ouest de la ville. Mais nous ne disposons pas de signes d’existence d’un foyer de peuplement.
Le berceau de la ville est localisable dès le Haut Moyen Age, à quelque distance de l’actuelle cité, sur l’ancienne paroisse de Saint-Ouen. Deux édifices témoignent encore de la présence d’une petite agglomération sur l’emplacement de l’actuel quartier Saint-André. La chapelle des Vertus (photo ci-contre), ancienne église de Saint-Ouen puis de Saint-Barthélemy, date du 12e siècle. Son style roman, avec son superbe porche et le petit cimetière aux portes même de l’église évoque cette période de ferveur religieuse.
Le prieuré Saint-André qui abritait une petite communauté religieuse est le deuxième bâtiment le plus ancien de la ville.
Les documents datant du Moyen Age sont rares mais nous pouvons imaginer une agglomération de petite dimension, faite de ruelles et de maisons serrées les unes contre les autres. Plus tard, la ville est entourée de remparts et de douves. Partant du Loir, une douve file vers le Nord, le long de l’actuel boulevard Jean Moulin, à l’Est le rempart est percé à l’emplacement de la porte Mancelle.
Aux alentours de l’actuelle place Thiers, les douves prennent la direction de l’Ouest suivant l’axe du boulevard d’Alger qui recouvre les eaux depuis les travaux de la fin du 19e siècle. Cette douve longe ensuite les bâtiments du Prytanée National Militaire et bifurque à nouveau vers le Sud, près de la rue du Parc. Une autre porte, la porte Saint-Jacques, s’ouvrant dans la direction d’Angers, était située au carrefour de la rue Carnot et de la rue Saint-Jacques.
On peut encore voir, depuis la rue des Fossés, les restes d’une tour de l’ancien Rempart. En ce lieu, la douve rejoint le Loir.
Du Moyen Age jusqu’au 18e siècle, La Flèche est un gros village. Evoquer cette époque, c’est faire revivre le personnage de Lazare de Baïf, le meilleur helléniste de son temps. Cet érudit vécut dans la première moitié du 16e siècle. Une partie de sa vie se déroula au manoir des Pins, à quelques kilomètres de La Flèche. Sur cette maison l’inscription grecque "hâte-toi lentement " est encore lisible. Lazare est le père de Jean-Antoine de Baïf, l’un des sept poètes de La Pléiade.
Le personnage qui va marquer la commune et faire de La Flèche une ville digne de ce nom, est lié au roi Henri IV. C’est la grand-mère d’Henri IV, Françoise d’Alençon qui, délaissant le vieux château situé au milieu du Loir (photo ci-contre), fait construire en 1540, un nouvel édifice : le château-neuf.
Une légende nous apprend que les parents d’Henri IV, Antoine de Bourbon et Jeanne d’Albret, conçurent le roi de Navarre et futur roi de France, à La Flèche.

Les personnages qui vont marquer la commune
Plus tard, ce sera Henri IV (photo ci-contre, à droite) qui décidera de l’implantation à partir de 1603, d’un collège dirigé par la Compagnie de Jésus. Cet établissement va rapidement connaître une grande extension et une grande renommée. De nombreux élèves y sont admis et le chiffre de 1200 élèves, en majorité externes, est vite atteint : ce qui est remarquable surtout pour une ville de 5000 habitants.
Parmi les élèves illustres, nous pouvons citer René Descartes. A cette époque, la plupart des élèves habitent hors du Collège et sont regroupés par quartier selon leur origine géographique. On retrouve encore aujourd’hui la rue Lyonnaise, la rue des Lavallois.
Un autre personnage va marquer de son empreinte l’histoire de La Flèche : Guillaume Fouquet de la Varenne.
Porte-manteau et confident du roi Henri IV, il va contribuer, avec son appui, à transformer et embellir la ville. Il accroît sa fonction administrative par l’obtention d’un siège présidial et d’une juridiction prévôtale. Il fait paver les rues et reconstruire les remparts de la ville. En 1615, le roi dote La Flèche d’un corps de ville.
Afin de le remercier de ses loyaux et bons services, le roi va lui donner des terres en pays fléchois. Fouquet de la Varenne, désormais seigneur engagiste de La Flèche, y construit alors un magnifique château (photo ci-contre, à gauche) dont les bâtiments correspondent grossièrement à l’actuelle Grande Rue, dans sa partie est, et dont les jardins s’ouvrent au sud jusqu’au Loir, par des parterres et des terrasses.
Il ne reste presque rien de cette magnifique demeure, seuls les deux pavillons, situés au sud du château, subsistent. Un des deux pavillons en état de ruine, fait partie d’une propriété privée, l’autre a été racheté par la municipalité et a été entièrement restauré. Le château fut vendu après la Révolution et démantelé entre 1818 et 1820 : ses poutres et ses pierres ont servi à construire certaines demeures de la Grande Rue.
C’est de cette époque que datent les armoiries de la ville.
Aux 17e et 18e siècles, La Flèche est connue pour sa dévotion. Elle est d’ailleurs appelée "La Sainte-Flèche", en raison de ses nombreux couvents (ceux situés aux alentours de la place de la Libération et ceux situés aux alentours de la rue de la Dauversière) ; mais aussi en raison de son culte rendu à la Vierge.
Au centre-ville, l’église Saint-Thomas, qui fut remaniée à plusieurs époques, abrite de véritables richesses : les statues de Saint-Michel et de la Vierge du Pilier, Notre-Dame-du-Chef-du-Pont qui était vénérée dans une chapelle près de l’ancien château fort.
Vers le milieu du 17e siècle, sous l’impulsion de Jérôme Le Royer de la Dauversière, des habitants et des religieuses participent à la conquête et à l’évangélisation du Québec, en partant du port Luneau de La Flèche à bord de fûtreaux (photo ci-contre).
C’est de cette époque que date aussi l’hôpital situé tout près de l’église Saint-Thomas puis déplacé hors des murs de la cité. Le cloître de l’actuel hôpital présente encore de magnifiques sculptures évoquant les principales scènes de la Bible.
Au 18e siècle, la ville est dotée d’un magnifique hôtel de ville qui fait aussi fonction de halles et qui abrite un petit théâtre achevé au 19e siècle. Ce petit théâtre est toujours visible. Il a été restauré par la municipalité en 1999.
Quand débute la Révolution Française
Quand débute la Révolution Française, La Flèche compte environ 3800 habitants. Durant ces années, la ville est troublée par la Guerre qui oppose l’armée Catholique et Royale de Vendée aux troupes de la République. Pour empêcher le franchissement du Loir par les Vendéens venant de Baugé à la fin de l’année 1793, une arche de pont est détruite. Mais cela n’arrête pas les troupes rebelles qui s’emparent à deux reprises de la ville. Toutefois La Flèche ne fut que faiblement affectée par les événements révolutionnaires.
Au cours du Premier Empire, en 1808, la ville accueillera dans les bâtiments de l’ancien Collège royal, le Prytanée Militaire. Ce dernier a pour vocation de fournir des cadres à la Nation, en particulier des cadres militaires. Parmi les élèves illustres du 19e siècle, nous pouvons citer les Maréchaux Pélissier et Gallieni.
L’importance de l’éducation, dans la ville de La Flèche, est renforcée au cours du 19e siècle par Marie Pape-Carpantier. Née à La Flèche, elle est l’une des premières femmes en France à instaurer un enseignement pour les jeunes enfants, avant l’école primaire. Elle deviendra en 1848, Inspectrice Générale des Ecoles Maternelles de France. Sous la 3e République, sont édifiés en 1885 de vastes bâtiments à usage scolaire.
L’ouverture d’une école publique offre l’opportunité à tous les Fléchois issus de toutes les catégories sociales, de recevoir un enseignement.
A cette époque, la ville est un centre administratif important avec notamment une sous-préfecture construite sous le Second Empire et un palais de justice. Dans le même temps, la construction de la gare de La Flèche, conforte sa position de carrefour de voies de communication.
Toujours au 19e siècle, naît, à Saint-Germain-du-Val, le compositeur Léo Delibes qui sera l’auteur, entre autres, de Lakmé et de Coppélia. Ce dernier ballet donnera son nom à la salle de spectacles de notre ville.
A l’aube du 20e siècle, Paul d’Estournelles de Constant (photo ci-contre), né à La Flèche puis installé au château de Créans, s’illustre par ses missions internationales. Son action en faveur de la paix est mondialement reconnue : il reçoit le Prix Nobel de la Paix en 1909. Il fut l’un des fondateurs de la Cour Internationale de Justice de La Haye. Il fut aussi député, sénateur et conseiller municipal de notre ville.
A cette époque, l’activité économique de La Flèche repose sur des petites activités industrielles et artisanales qui assurent un travail à la population : minoterie, galocherie, féculerie, tannerie, moulin.
Les plus anciennes photographies de La Flèche remontent à 1855 et ont été réalisées par Jean-Marie Taupenot, professeur au Prytanée Impérial Militaire et inventeur d’un procédé photographique au collodion albuminé sec.
Jusqu’au milieu du 20e siècle, La Flèche est une petite ville calme, somnolente. Quelques événements majeurs marquent cette époque : l’arrivée des Prussiens en 1871, la visite du Président de la République, Emile Loubet, en 1901, les blessés et les morts de la guerre 1914-1918, ou encore, moins gravement l’incendie de l’hôtel de ville en 1919.
Dans l’histoire de La Flèche, les années qui suivent la Seconde Guerre Mondiale représentent un deuxième bouleversement. La décentralisation amène l’installation d’entreprises industrielles.

Le Prytanée National Militaire
Le Prytanée, école militaire de renom, est implanté sur deux quartiers. Seul le quartier historique, Henri IV est ouvert à la visite (photo ci-contre). Situé dans un magnifique cadre d’architecture classique du début du 17e siècle, il se présente sous forme de trois cours successives dominée par l’Eglise Saint Louis. Un élégant jardin à la française, prolongé d’un parc séculaire, complète l’ensemble bâti. L’ensemble des bâtiments est aujourd’hui classé ou inscrit à l’inventaire des Monuments historiques.
De la place Henri IV, on peut admirer l’immensité du portail d’honneur du Prytanée National Militaire (photo ci-dessous, à gauche) et deviner la place importante qu’occupe cet édifice dans la cité.
Ancien "Collège Royal" des jésuites, il est fondé en 1603 par Henri IV, sous l’impulsion de Guillaume Fouquet de la Varenne, son porte-manteau, mais aussi son ami et confident. Ce dernier aurait suggéré au bon roi de donner aux jésuites "le château-neuf" construit en 1540 par Françoise d’Alençon, la grand-mère d’Henri IV.
Les travaux commencèrent en 1607 sur les plans de Louis Métezeau qui élabore un plan avec cinq cours en enfilade, à peu près de même grandeur. Devant le château-neuf, se situe la "Cour Royale" ou "Cour des Pères", où logent les religieux ; à l’ouest, "la Cour des Classes" où se trouve l’église et la "Salle des Actes", précèdent "la Cour des Pensionnaires". A chaque extrémité, les "Basses Cours des Pères", à l’est, et des pensionnaires à l’ouest, sont réservées aux fonctions domestiques de l’école.
Les travaux avancent assez lentement d’autant qu’il faut acquérir une à une les maisons les plus proches, afin de les démolir.
La "Salle des Actes" et l’église ne sont achevées qu’en 1621. Et ce n’est qu’en 1655 que la "Cour des Pères" fut terminée, en même temps que le "portail royal".
Aucune archive ne révèle le nom de l’architecte de ce grand portail. Les travaux récents de l’Inventaire menés par François Leboeuf laissent supposer qu’il pourrait s’agir de Charles Cesvet. Le buste d’Henri IV, dans la niche au-dessus de la porte, et les armes royales, témoigne de la volonté des jésuites d’entretenir la mémoire de leur fondateur.
En 1762, les jésuites sont expulsés de France, l’établissement devient alors une école de Cadets préparatoire à l’école militaire de Paris puis, entre 1776 et 1792, collège royal et académique dirigé par les Pères de la Doctrine Chrétienne.
En 1808, le Collège devient Prytanée Militaire et accueille les élèves de l’école militaire de Saint-Cyr.
Aujourd’hui, le Prytanée National Militaire assure un enseignement du second degré et une préparation aux concours d’entrée aux grandes écoles militaires.
Lors de la visite de l’édifice, c’est le portail d’honneur, les différentes cours, le jardin à la française, la bibliothèque, et surtout l’église Saint-Louis et sa fabuleuse lumière qui retiennent l’attention. Trois salles du bâtiment de l’hôtel de commandement sont ouvertes au public : la salle d’honneur avec ses tableaux représentant des scènes de la vie du Prytanée au siècle dernier, la salle des généraux qui conserve en particulier une intéressante maquette du Prytanée et la salle des Jésuites construite en 1627.

L’Eglise Saint Louis est de style baroque
Les retables du maître-autel, construit par Pierre Corbineau et les chapelles latérales, ont été exécutés entre 1621 et 1655. La décoration intérieure a été achevée en 1693.
L’orgue (photo ci-contre) et sa tribune sont des œuvres du facteur d’orgues Ambroise Le Vasseur et de l’architecte Jacques Nadreau.
En 1616, Guillaume Fouquet de la Varenne, fut inhumé dans la crypte et en 1653, les jésuites lui font installer un monument funéraire, à l’aplomb du monument royal.
En 1648, les jésuites aménagent des niches dans la partie haute du mur oriental des deux bras du transept pour accueillir, à leur mort, les cœurs du roi Henri IV et de la reine Marie de Médicis. Mais après la Révolution, en 1793, les cœurs furent retirés de l’église, puis brûlés sur l’actuelle place de la Libération. Quelques cendres seront recueillies et sont aujourd’hui conservées dans un reliquaire en forme de cœur dans le transept nord.
La bibliothèque a la forme d’un long vaisseau voûté que décorent deux fresques représentant Calliope et Uranie. Elle contient 30 000 volumes à caractère encyclopédique et conserve, en particulier, plus d’un millier de volumes de l’ancien fonds jésuite. Le livre le plus ancien est un incunable "La cité de Dieu" de Saint augustin, datant de 1470. Parmi ses trésors : un Homère et un Virgile du 16e siècle, une bible polyglotte de 1645, une édition ancienne du discours de la Méthode, l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert, les volumes de la description de l’Egypte…
Les parcs et jardins du Prytanée s’étendent sur 13 hectares. Le Jardin à La Française créé au 18e siècle a succédé à un jardin Renaissance dessiné en 1542. Dans l’allée centrale se dresse une pièce d’eau comportant une fontaine qui était, à l’origine, le lave-mains des pères Jésuites.
La piscine et la section équestre militaire sont installées au nord ouest du parc.
Figurent au nombre des gloires de cette institution fléchoise : le philosophe René Descartes, l’abbé Prévost, les frères Chappe, les maréchaux Bertrand et Galliéni, les spationautes Patrick Baudry et Jean François Clervoy, l’acteur Jean Claude Brialy…

Le château des Carmes
Vers l’an 1000, il existait à cet endroit 3 îles : la chapelle/le moulin, le cloître et le château.
Ce fut le premier château de La Flèche. Situé au milieu du Loir, ce château n’était qu’un simple donjon avec un pont-levis qui permettait de contrôler le passage des bateaux sur la rivière.
De cette époque, il ne reste qu’un pignon du pont-levis, sur l’aile droite du château (photo ci-contre).
Le premier seigneur de La Flèche fut Jean de Beaugency mais il n’y vint jamais. 33 autres lui succèderont jusqu’à la Révolution. A leur tête, son fils, Hélie, sera le premier à vivre dans la ville. Ce dernier fit aménager le port et construire la première église : Saint-Thomas.
La Flèche, berceau des Plantagenêts : Hélie de La Flèche, seigneur de la dite, comte du Maine aura une seule fille, Eremburge. De par son mariage avec Foulques d’Anjou, le Maine et l’Anjou sont réunis. Eremburge aura un fils, Geoffroy dit Plantagenêt, comte du Maine et d’Anjou, et un petit-fils Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre.
Celui ci, également duc de Normandie et comte du Maine et d’Anjou, se maria en 1152 avec Aliénor d’Aquitaine. Par ce mariage, il réunit à son royaume, l’Aquitaine.
C’est ainsi que la seigneurie de La Flèche vint à la puissante dynastie des Plantagenêts.
Puis vint la guerre de 100 ans et le château fut plusieurs fois assiégé et incendié par les Anglais.
En 1537, ce château appartient à la grand-mère d’Henri IV mais n’étant plus habitable, et désirant venir se retirer à La Flèche, elle fit construire un autre château : le château-neuf qui deviendra le Collège des Jésuites et plus tard le Prytanée National Militaire.
En 1620, le château sera donné par Louis XIII, fils d’Henri IV, à la communauté des Pères Carmes avec la mission de le relever de ses ruines.
Ils y restèrent jusqu’à la Révolution, époque à laquelle le domaine fut mis en vente comme bien national.
L’acquéreur fut un négociant de Fougeré, François-René Bertron. Pendant 112 ans, le château restera dans la même famille et deviendra une belle demeure avec un parc.
En 1880, furent ajoutées les deux tourelles néo-classiques côté rivière.
En 1909, la municipalité racheta le château pour y établir la mairie.
Malheureusement, un incendie va à nouveau détruire, en partie, le château des Carmes en 1919. Reconstruit en 1928, il accueille aujourd’hui des expositions et aussi les mariages, certaines réunions et réceptions.

Le théâtre de la Halle-au-Blé
Dès le Moyen Age, il y avait déjà des halles en bois (photo ci-contre) pendant que sur la place se tenait le marché aux grains.
Puis les halles sont rebâties à deux reprises au 18e siècle : en 1737, elles sont construites en pierre, puis agrandies en 1772 pour y établir l’hôtel de ville.
Fermé au public depuis 1947, il a fait l’objet d’une restauration "à l'authentique" en 1998 et a été récemment rebaptisé le théâtre de la Halle au Blé. Celle-ci a été récompensée en 2000 par les Rubans du Patrimoine.
En 1839, est ajouté au premier étage, un petit théâtre à l’italienne. L’architecte qui a élaboré les plans du "petit théâtre" s’appelle Pierre-Félix Delarue. Ce dernier n’est pas un inconnu à La Flèche. Il a, en effet, été l’auteur de nombreux châteaux de la région dans la deuxième moitié du 19e siècle : l’édifice le plus connu des Fléchois qu'il aie réalisé est la sous-préfecture. La décoration de la salle et de sa coupole est due à Adrien-Louis Lusson, un architecte, décorateur, né à La Flèche le 4 août 1788. Il confia l'éxécution des travaux à des peintres décorateurs de l’Académie Royale de Musique que l’on appelle "opéra".
Ce théâtre a conservé une grande partie de son décor d’origine, à l’exception des peintures de la fausse coupole, remaniées en 1923.
Depuis mars 1999, des spectacles de la saison culturelle y sont programmés par Le Carroi. Ce rare théâtre français à l'italienne de la première moitié du 19e siècle est ouvert aux visites publiques durant les Journées du Patrimoine et la saison estivale. Pour les groupes, l'Office de Tourisme du Pays Fléchois organise des visites commentées.

La chapelle Notre-Dame des Vertus
Construite au carrefour des voies romaines qui allaient du Mans à Angers et de Tours à Laval, la chapelle Notre-Dame des Vertus est la première église édifiée à l’époque gallo-romaine. Elle porta tout d’abord le nom de Saint-Ouen, puis au 14e siècle, celui de Saint-Barthélemy.
Au 15e siècle, les chapelles de Notre-Dame du Chef du Pont et de Saint-Barthélemy n’étaient plus que des chapelles de secours de Saint-Thomas.
Vers le milieu du 17e siècle, les Jésuites de La Flèche obtinrent l’autorisation de restaurer la chapelle afin d’y créer un lieu de pèlerinage pour les élèves de leur collège.
Les travaux débutèrent en 1644 et se terminèrent en 1674.
C’est au cours de ces travaux qu’un magnifique lambris fut installé au plafond et que le chœur fut orné d’un maître-autel à pilastres de marbre. On construisit aussi des chapelles latérales. Le porche extérieur roman, daté de la fin du 11e siècle fut protégé par un auvent.
Dédiée à Notre-Dame des Vertus, conformément au souhait de Louis XIII, cette chapelle devient un lieu de pèlerinage.
A la Révolution, elle sera vendue comme bien national, puis plus tard elle sera ré ouverte au culte. Elle continue aujourd’hui à recevoir la visite de nombreux pèlerins.
La chapelle est ouverte au public tous les jours.

Le moulin de la Bruère
Le moulin de la Bruère, situé route du Lude, est une bâtisse dont les premiers éléments remontent au 14e siècle.
Au début du 19e siècle, les moulins pilaient et broyaient de l’écorce à tan. Le moulin en rive produisait de la farine de blé. En 1832, un bâtiment se transforma en papeterie, puis le moulin bâtit plus tard le trèfle et le chanvre.
Au 20e siècle, les moulins tombent en ruines. En 1936, monsieur Picaud, le meunier, développe son activité : il produit de la glace et de l’électricité nécessaire à l’éclairage et à son chauffage.
En mai 1994, la ville de La Flèche procède à l’acquisition du moulin pour assurer sa sauvegarde et maintenir sur le Loir, un témoignage de la seule force motrice utilisée de l’antiquité jusqu’à la révolution industrielle.
En juin 1995, la ville confie à l’association des Amis du Moulin de la Bruère la gestion et l’entretien, les gros investissements restant à la charge de la commune.
Les travaux de rénovation ont commencé en 1996 par la réfection de la roue et de la vanne. Les toitures seront remaniées et les réfections de façades réalisées.
L’association très active a remis en route le vieux "moteur anglais" (moteur à huile), la machinerie pour l’aplatis de différentes graines (orge, avoine...) ainsi que la mouture de farine animale.
Enfin la réfection de la tuyauterie ainsi que des bacs à ammoniaque a été achevée à la fin 1998, ce qui permet la reprise de la fabrication des pains de glace en 1999.
Toutes ces réalisations permettent déjà des visites guidées et commentées du moulin.
Le but final de l’association et de la ville étant de réaliser sur ce site un véritable écomusée où l’on pourra faire revivre les anciennes activités de la meunerie, redécouvrir l’intérêt de la rivière, l’utilité de la force motrice, complétées par des expositions permanentes.
Le moulin de la Bruère, route du Lude, Tél. : 02.43.94.45.64.

L'église Saint-Thomas
L’église Saint-Thomas, édifiée au début du 12e siècle, fut remaniée aux 15e et 18e siècles. L’élégante flèche de son clocher s’élève à 26 mètres de haut.
A l’intérieur, seuls subsistent de l’antique église quatre magnifiques piliers supportant le clocher.
Le trésor de Saint-Thomas est impressionnant par sa richesse. Il comprend un nombre important de reliquaires en bois des 17e et 18e siècles provenant de l’église et des couvents de la ville et sauvés de la destruction par un curé : Pierre Faguet.
Les sculptures de l’église Saint-Thomas forment un ensemble très représentatif de l’œuvre en terre cuite des statuaires manceaux.
On trouve également des tableaux remarquables comme celui de Claude Vignon, "l’Assomption de la Vierge", daté de 1629, classé en 1977 et restauré en 1996 ; le "Baptême du Christ" de l’école flamande du 17e siècle, inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques ; "le Repos de la Sainte Famille", de l’Ecole Française du 16e siècle.
Le trésor de Saint-Thomas fait partie de l’Inventaire effectué par François Le Bœuf, chercheur à la Direction Régionale des Affaires Culturelles des Pays de la Loire, et est présenté dans le "Canton de La Flèche, Images du Patrimoine" du même auteur.

Les anciennes prisons
Les premières prisons de La Flèche étaient situées, rue du Marché au Blé, à côté du Présidial, créé en 1595 par Henri IV.
Puis, elles ont été transférées, au début du 19e siècle, au fond de l’impasse Saint-Thomas, dans les locaux qui avaient été ceux du prieuré du même nom.
L’état d’insalubrité des prisons fut dénoncé le 7 août 1807 par Monsieur Rocher-Desperrés, membre du conseil, qui s’inquiétait des conditions de détention des détenus.
Un demi-siècle après, les détenus étaient à nouveau en droit de se plaindre : ils étaient privés d’eau du fait de l’érection de la statue d’Henri IV, place du Pilori, ce qui avait nécessité la suppression de la canalisation. Mais nul ne vota le budget à la mairie et les prisonniers restèrent dans cet état pendant plusieurs années encore.
Le 30 mai 1933, un décret présidentiel, supprima 14 maisons d’arrêt dont celle de La Flèche. Le 16 juin de la même année, les détenus furent transférés au Mans.
Entre 1937 et 1939, durant la guerre civile d’Espagne, l’ancienne prison fut occupée à différentes reprises, par des réfugiés espagnols (hommes, femmes et enfants).
La Seconde Guerre Mondiale amena la réouverture de la maison d’arrêt fléchoise dans laquelle on interna des prisonniers politiques.
La prison fut définitivement supprimée en 1953. La porte de l’ancien prieuré, située au milieu de l’impasse Saint-Thomas, fut supprimée au début de 1958.

Le parc zoologique
Jacques Bouillault (photo ci-contre), le créateur du parc zoologique, est né à La Flèche en 1924 et décédé en 2009.
Tout jeune enfant, il est passionné par la vie des animaux dans leur milieu naturel.
A la fin de la guerre, il se retrouve à Saint-Germain du Val, route de Montafoin, locataire d’une petite maison où il commence sa première collection de petits animaux.
Puis, il s’installe route de Savigné au lieu dit "le Tertre Rouge". Dès 1946, il se déclare naturaliste-zoologiste et présente dans des enclos en bois, qu’il a construit lui-même, une cinquantaine d’animaux : blaireaux, marmottes, renards, rapaces, reptiles et quelques singes qui lui ont été donnés par des militaires rentrant d’Indochine.
En 1947, il est invité à Paris à une exposition organisée par une grande compagnie aérienne, où il présente des aigles. C’est alors la consécration pour Monsieur Bouillault, les médias parisiens en parlent : "le jeune provincial, l’ami des aigles".
Dès lors, le Tertre Rouge devient un vrai "zoo", les constructions en dur sont réalisées. Le nombre d’animaux augmente chaque année : des lions, des tigres, des ours, des gros reptiles, etc. Et innovation, il va commenter lui même la visite du zoo à ses visiteurs.
Soucieux de mettre en valeur la faune régionale, il va créer en 1961 un très important musée de sciences naturelles dont l’intérêt pédagogique n’échappe à personne.
Puis en 1971, passionné depuis son enfance par les reptiles, Jacques Bouillault réalisera un gigantesque vivarium, où sont présentés d’une façon très moderne une multitude de variétés de reptiles de toutes les régions du globe, des caïmans, des iguanes, des tortues etc...
Jacques Bouillault a investi dans des voyages à travers le monde pour aller observer dans leurs milieux naturels les animaux de tous les continents.
De ses voyages, il ramène des films et organise des conférences dans toute la région, notamment à l’intention des scolaires pour leur faire partager sa passion du monde animal.
Homme de la nature, il considère "ses animaux" comme ses enfants et ne négligera rien pour leur confort et leur nourriture. Malheureusement à côté de cela, il n’est pas un homme de gestion administrative et l’immense développement du parc zoologique s’accompagne de charges très lourdes. Entre temps de nombreux zoos se sont créés en France, ce qui entraîne de la concurrence, d’où une diminution du nombre de visiteurs et des recettes.
Acculé à des problèmes financiers insurmontables Jacques Bouillault est contraint, la mort dans l'âme, de vendre son zoo. Raymond Da Cunha rachète le parc zoologique en juin 1988 et le cède à son fils, Stéphane Da Cunha, le 30 septembre 1997.
Aujourd’hui, le parc zoologique du Tertre Rouge est un parc de 14 hectares, situé sur un des coteaux qui entourent La Flèche. Installé au cœur des bois, il est très apprécié des visiteurs, qui peuvent découvrir une multitude d’animaux, dans un environnement proche de leur milieu naturel, mais aussi des spectacles étonnants.
La moyenne du temps de visite du parc est de 4 heures : de nombreuses activités vous sont proposées telles que des spectacles d’otaries (photo ci-contre), de loutres, de perroquets, d’éléphants, les goûters des animaux, etc.
300 000 visiteurs affluent chaque année vers le zoo de La Flèche.

Des lieux d'histoire...

Le Musée de la Providence
Ce musée retrace la vie d’une religieuse, Françoise Jamin, fondatrice de l’Institut des filles du Saint-cœur de Marie au 19e siècle.
Il est situé dans une partie de la clinique de la Providence et permet au visiteur de découvrir aussi, une charmante chapelle (photo ci-contre).
La Croix des Vendéens
Non loin du sanctuaire, vous pouvez vous arrêter un instant devant la Croix des Vendéens. Celle-ci commémore la mort de milliers d’hommes, femmes, enfants, prêtres massacrés ou morts d’épuisement lors de leurs passages à La Flèche pendant la Virée de Galerne les 1er et 9 décembre 1793.
Le Prieuré Saint-André
En 1171, Henri II Plantagenêt cède des terres de sa seigneurie de La Flèche à l’abbaye de Saint-Mesmin d’Orléans qui y construisit un prieuré, à l’ouest de la ville.
Au 18e siècle, le prieuré comprenait une chapelle, une "maison", des granges et des étables. A la Révolution, le prieuré est vendu comme bien national et les bâtiments sont transformés en ferme. Seule la partie occidentale de la chapelle est en partie préservée.
L’antique tour de la rue Grollier
Au 17 de la rue Grollier se trouve un pavillon carré du 16e siècle qui est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Elle est partie intégrante d’une demeure privée et n’est pas visible de l’extérieur.

L’Hôpital de La Flèche
Le couvent de la Visitation est construit en 1650-1660 au nord-est de la ville par Charles Cesvet, architecte originaire du Lude. Il est achevé en 1680 par Pierre Ricossé qui élève les ailes ouest et sud du cloître.
L’hôpital, autrefois installé près de l’église Saint-Thomas, y est transféré en 1802 et les hospitalières qui investissent les lieux ornent chaque fenêtre de leurs cellules avec une figurine en plâtre représentant la Vierge à l’Enfant dont elles possèdent le moule et assurent elles-mêmes la fabrication.
Au 19e siècle, l’édifice subit quelques transformations.
La chapelle actuelle fut construite en 1837 par Urbain Lemoine. Le cloître est remarquable (photo ci-contre) : il possède un décor sculpté partiellement modifié, des écus armoriés remplaçant certaines scènes religieuses placées dans les écoinçons.
